« A fond », création pour vielles à Orléans

 Petit compte-rendu de concert !

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Hier soir à la salle Barrault du théâtre d’Orléans s’est tenu un concert de très grande qualité. Valentin Clastrier s’était entouré de camarades et amis viellistes de talent ainsi que de trois percussionnistes issus de différents univers dans le cadre d’une performance intitulée « A fond ». Une idée de réunion toute en « puissance » qui lui est venue dans cette même cité johannique, à entendre le son pesant de tambours burundiens résonner dans les rues sous l’égide de Serge Ceccaldi, également à l’origine de ce projet. Réuni sur scène, le sextuor imposant dans sa mise en place avait plus l’air d’un groupe d’avant-rock que d’ensemble folk, permettant l’expression des sensibilités de chacun, grâce à des compositions laissant souvent libre cours à l’improvisation. Mieux qu’une simple somme d’individualités, l’ensemble se conjuguait au présent et tout semblait couler de source entre les compères, malgré quelques accrocs ici ou là qui ne gênait en rien le grand plaisir de voir ces artistes évoluer sur scène ; scène d’ailleurs bien éclairée, soulignant les silhouettes et délimitant avec brio les espaces sonores développés pendant plus d’une heure avec un dynamisme jubilatoire.

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Coup de chapeau aux artistes ! J’ai retrouvé avec joie les particularismes du jeu de l’icôno-Clastier, très créatif et osant tantôt les structures savantes, tantôt les simples résonnances avec une maîtrise incontestable. Dans son approche un poil plus classique, la vielle électroacoustique de Gilles Chabenat n’a pas manqué non plus d’inventivité, en particulier dans un solo de toute beauté, fin et précis comme de la dentelle ; tandis que dans les mains de Romain Baudoin, l’instrument prenait une énergie limite punk, se transformant en Fender invitant le headbanging d’une salle très réceptive. Aux côtés de ce trio virtuose de la vielle à roue se développaient des rythmes tentaculaires, vibrants. Derrière les fûts de sa batterie, Florian Satche a tout donné – corps et âme, tout comme Adrien Chennebault qui disposait lui aussi d’une palette sonore diversifiée (crotales, calebasse, toms, agogô, etc.). Plus en retrait dans les grandes largeurs, le doyen de la section Gérard Siracusa n’était pas en reste pour autant, ponctuant ses interventions par une présence scénique appréciée.

Musicalement, le voyage était fascinant. Les mécaniques martiales d’une rythmique massive accompagnaient les temps forts des mélodies des vielles, pas avares en timbres de toutes sortes et en mesures complexes. Les ambiances se succédaient par réverbération, par césure, laissant à peine le temps aux spectateurs de saluer les soli. Très vigoureux, Clastrier s’est même sporadiquement évertué à poser sa voix sur les morceaux, avec une insolence répétée (« salope », « baisez-vous ») qui – j’imagine – se voulait un pied-de-nez littéral aux poncifs du rock. Un aspect satirique mais aussi drolatique, avec des instants foufous que n’aurait pas renié Carl Stalling, où chacun prenait plaisir à se lâcher, comme si l’ombre de Zappa planait au-dessus de leurs têtes. Mais l’énergie était également investie dans des passages plus doux, plus subtils, même si le mot d’ordre était bel et bien « à fond ».

Fushitsusha Europe Tour… les dates !

Voici quelques informations sur la prochaine tournée européenne de Fushitsusha, le rock band de Keiji Haino. D’après une source sûre, le groupe devrait partager la scène avec trois guests pour chaque date… ce qui laisse peu de place pour des compositions étirées en longueur. Si l’on peut donc s’attendre à des morceaux plus courts comme sur l’album sorti cette année, il semblerait que le line up diffère complètement, Takahashi Ikuro et Nasuno Mitsuru ne faisant plus partie du combo depuis avril dernier (le second est actuellement en tournée avec Korekyojin).

Les dates
05/10 : Londres (The Round Chapel)
07/10 : Newcastle (Tusk Festival)
09/10 : Dublin (The Village Venue)
11/10 : Bruxelles (Les Ateliers Claus)

Pour le moment, pas de date prévue à Paris. Nous pouvons tout de même croiser les doigts pour un hypothétique concert le samedi 13 octobre. C’est encore possible. Cliquez sur la ville pour accéder à une page de réservation.

Au cœur du Congo à Paris

Ceux de passage ce soir à la Fnac des Halles de Paris ne pouvaient manquer le showcase d’un ensemble traditionnel congolais, le groupe Ndima. Venus spécialement des forêts équatoriales dans le cadre de la « promotion » de leur album et de leur tournée, ces artistes issus de la culture pygmée, minoritaire en République du Congo, sont plus précisément d’origine Aka, un peuple autochtone situé au nord du pays ; et c’est dans l’espace confiné du Forum que les membres du groupe ont commencé leur spectacle mêlant musique et danse.

Après cinq minutes de chauffe, des instruments en bois de toutes sortes ont fait vibrer les plus curieux des chalands qui commençaient à s’amasser autour de la scène. Suivis autant par les caméras de Brazza TV que par les smartphones amateurs, le concert a su attirer la foule par le timbre de ses percussions taillées à même le tronc, accompagnées par des chants polyphoniques. Menés par le coordinateur de l’association « Regard aux Pygmées », Sorel Eta, qui a vu grandir ces artistes depuis plus de quinze ans, les musiciens ont également fait la démonstration d’instruments à cordes, plus « délicats », notamment le koundé et le mondoumein, respectivement les équivalents d’une harpe et d’une cithare traditionnelle.

En seconde partie, les danseuses ont convié petits et grands à la fête, dans une atmosphère conviviale. Malgré la fatigue, le groupe a répondu au rappel du public avant de terminer par une présentation des artistes, de leurs talents de musiciens et de chasseurs, en laissant chacun imiter un animal. On aurait pu trouver cela de mauvais goût voire outrageusement cliché, mais les sourires se lisaient sur les lèvres de chacun : un final bon enfant.

Court extrait de la performance

A l’issue du mini-concert, les bacs à CD proposant l’album Moaka na Ndima ont été littéralement pris d’assaut. Si vous voulez profiter de cette belle expérience, n’hésitez pas à venir voir le groupe en concert le samedi 12 mai à 22h, dans le cadre de « L’Afrique en Marche » à Vincennes.

Plus d’informations sur cette page.

Une chronique du disque sera donc à suivre plus tard sur le blog. En attendant, ne manquez pas cette opportunité exceptionnelle de voir en concert cette initiative soutenue par l’UNESCO dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Sur le même sujet, je vous invite également à découvrir le site web Un monde pygmée.