Guts of Darkness et avenir du blog

Pour commencer, désolé de ne rien avoir publié sur ce blog pendant si longtemps, et après avoir annoncé une vague de chroniques qui n’a jamais atteint ces rives bloguleuses. Mais j’ai la meilleure excuse du monde, si si. Il se trouve que l’excellent webzine Guts Of Darkness, documentant les « archives du sombre et de l’expérimental », m’a contacté pour m’intégrer à sa liste de chroniqueurs en septembre dernier. Une offre difficilement refusable, surtout que des types comme progmonster ont plus ou moins participé à mon éveil musical alternatif. J’ai depuis rédigé/recyclé des textes pour plus de 40 disques, que je vous enjoins à consulter sur ma page de profil :

Chroniques de DukeOfPrunes

Évidemment, outre les obligations ordinaires de la vie active et les événements inattendus de ma vie privée, le temps passé à fournir du contenu sur ce site (ne serait-ce que la création de fiches) ne m’invite pas vraiment à redoubler d’efforts pour proposer, en plus, des billets intéressants sur ce blog qui vivote à peine dans les limbes de la blogosphère. Alors, quel avenir pour OTBT ?

Mon activité de traducteur me laissant souvent peu de temps pour mener de grands projets, je ne peux rien annoncer de précis mais plutôt exprimer un souhait : dans la mesure du possible, je souhaiterais justement pouvoir partager d’autres traductions de documents, liés au cinéma ou à la musique. La forme brute des textes à caractère purement informatifs n’est pas dénuée d’intérêt, puisqu’elle propose souvent des précisions bienvenues tout en entretenant mes capacités linguistiques. Bref. Il faut du gagnant-gagnant dans l’histoire.

D’ici là, n’hésitez pas à consulter régulièrement mon profil Guts of Darkness, à lire les chroniques des autres membres bien sûr, et puis laissez un petit commentaire, ça fait toujours plaisir. Merci de votre soutien, et à bientôt !

A venir : Les Chroniques du Néant, un voyage dans la discographie de Fushitsusha (1989-2003)

C’est un titre bien pompeux, je vous l’accorde. Pas le choix. Et encore, vous n’avez pas lu les textes qui vont suivre ! Très bientôt, je posterai chaque semaine une chronique de tous les albums sortis par Fushitsusha avant le décès de son bassiste attitré, Yasushi Ozawa. Ce sera l’occasion pour moi de réviser celle parue le 29 avril 2012 qui manquait de fluidité, mais surtout de parler plus longuement d’un groupe qui aura marqué mes oreilles au fer blanc depuis plus de dix ans. On m’a demandé à plusieurs reprises de faire un topo, une sorte de guide d’écoute qui remettrait en contexte leur musique. Le problème (?) c’est qu’il s’agit avant tout d’une affaire d’instinct, de sensations tout à fait personnelles.

fushinéant

Haino ne fait pas dans la dentelle. Il possède un style qui lui est propre, et c’est justement là un de ses principaux attraits : pas besoin de prérequis pour profiter (ou non) de son art. Il faut juste aimer les guitares qui font du bruit… beaucoup de bruit, et se laisser emporter par le torrent. Et découvrir la multi-dimensionnalité de son projet connu dans la japanoise qui, étrangement, attire toujours plus de hipsters (Lady Gaga ou la Red Bull Academy, c’est à vous que je m’adresse). En attendant la parution d’un hypothétique vrai bouquin bien documenté sur le sujet, je vous souhaite par avance bonne lecture.

Vente aux enchères de vinyles Radio France : l’analogique, ça se mérite

Après une petite période de digestion, voici un retour sur la vente aux enchères de disques vinyles organisée par Radio France telle que je l’ai vécue. Ou comment la société Art-Richelieu a réussi à battre des records en refourguant une quantité de disques étiquetés à des amateurs pas toujours concernés.

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Quelques semaines avant ma venue à la Maison de la Radio, après avoir décortiqué la plupart des lots présentés sur le web, j’avais proposé à un ami de vivre « l’expérience » d’une vente aux enchères en faisant un appel du pied à son (onéreuse) passion du vinyle. Rendez-vous était pris. Ça s’annonçait d’autant plus intéressant que la campagne de promo déployée en amont pendant des semaines en avait fait un événement d’envergure nationale. Le dimanche 19 juin, après un déjeuner vite englouti, nous étions donc sur place pour profiter à fond d’un après-midi sous le soleil des spots du Studio 104.

Beaucoup de monde avait répondu présent. Il y avait foule. Dès 13h30, la file d’attente s’allongeait même du côté des préenregistrés – ceux qui comme nous, avaient effectué quelques jours avant une sorte de « réservation » permettant d’accéder plus rapidement à la salle de vente. Devant, une fille et son père parlaient musique, tandis que certains arrivaient comme des fleurs pour demander s’il fallait faire la queue pour acheter des disques. Vingt minutes plus tard, nous voilà postés derrière la régie. La salle se remplit à vue d’œil. Très vite, des jeunes gens, des retraités, des curieux prennent place sur leur fauteuil rouge avec le sourire aux lèvres. Visiblement, tout le monde est impatient que ça commence. Le retard s’accumule, pour des raisons de sécurité, nous dit-on. Enfin, à 14h28, la fête est lancée ! Et quelques minutes plus tard, après une courte introduction, les hostilités commencent avec la vente de disques de bruitages d’automobiles. Et là, c’est le drame.

En voyant le premier lot partir à plus de 200€, mon pote et moi échangeons un regard, les yeux ronds comme des billes. A côté de moi, une sexagénaire met du temps à réaliser que ces quelques disques, à l’intérêt limité, pètent déjà tous les scores. Le rythme imposé par les trois commissaires-priseurs ne faiblit pas devant la stupéfaction quasi-générale : une minute par lot, des mâchoires tombent. On doute bientôt de pouvoir ramener quoi que ce soit à la maison, surtout quand des 45 tours de chansons yéyé (pardon, freakbeat) atteignent des sommes considérables. Les bandes originales 33 tours ne sont même pas entrées dans la danse que certaines personnes repartent écœurées ; pendant ce temps, on salue la dilapidation de portefeuilles bien remplis, en applaudissant bien fort les heureux gagnants.

C’est du grand spectacle. « Les gens ont autant d’argent que ça à dépenser ? Vous croyez qu’ils vont les accrocher au mur, après ? », me demande ma voisine, avant de tourner les talons avec son mari. Eh oui, madame… ici, le moindre microsillon se calcule en euros, surtout quand on parle de James Brown ou de Bob Marley. Les estimations données par les experts d’Art-Richelieu sont régulièrement atomisées. Les prix de départ ne veulent plus rien dire, tout le monde ayant au préalable posé une option à environ 200 ou 250 euros sur ordre… quel que soit le lot. Derrière moi, un couple d’étudiants attend au tournant les lots soul-funk et hip hop ; et malgré un bel effort à 350€, des classiques signés A Tribe Called Quest et Ice Cube leur passent sous le nez. « C’est bon, on va s’acheter une PS4 à la place… » Tu m’étonnes. Mon pote se prend la tête dans les mains : « On n’aura jamais rien, c’est foutu ». Je veux le faire mentir.

Parmi la grande famille du jazz, j’avais repéré au préalable le lot numéro 119 (parmi d’autres), sans vraiment y croire ; mais le prix correct des disques de chansons franco-russes un brin expérimentales, ayant peu emballé les enchérisseurs, me redonne alors espoir. Juste avant les gros lots de free jazz, on nous annonce François Tux… Tuc… François… Tusques. Belle entrée en matière ! Et puis, bingo. Je décroche peut-être la seule bonne affaire de la journée, en lâchant quand même pour 6 LP la coquette somme de 280€… hors frais de vente à 18%. Un vieux monsieur, mon nouveau voisin venu en observateur avec sa femme, en profite pour me féliciter. Le temps d’halluciner sur des Fela Kuti assez communs partant à 200€ pièce, je décide à 18h d’aller faire une nouvelle fois la queue, cette fois dans la salle, pour remplir les caisses de Radio France.

Il me faudra plus d’une heure et demie pour arriver au pied de la scène, là où se démène une hôtesse vêtue d’un t-shirt ORTF dépassée par les événements (et pour cause, facturer à la minute et assurer l’encaissement dans un climat tendu, ce n’est pas un job facile). Le temps pour moi de discuter avec l’acheteur qui me précède, très fier d’avoir remporté deux lots, dont celui de musique cajun… à 300€ tout de même. Pas mauvais bougre, je le félicite de son achat, en précisant que c’est un genre que je préfère à petites doses. Quelques secondes plus tard, il se retourne et me demande : « C’est quoi au juste, la musique cajun ? » Dans ma tête, tout s’éclaircit. Les interrogations échangées juste avant avec mon pote trouvent en partie réponse. La situation devient même limpide quand ce monsieur s’interroge par la suite de la signification du terme « LP », regrette l’achat d’un second lot de country et s’inquiète de l’encaissement immédiat des chèques. Cette étape de la file d’attente s’avère, dès lors, un enseignement en soi. Surtout quand on s’approche des « gros poissons ».

Des acheteurs, qui ont pourtant claqué plusieurs milliers d’euros quelques heures auparavant, n’hésitent pas à enchérir en attendant leur passage en caisse. Quitte à faire passer ceux derrière eux, le temps de batailler « gentiment » avec d’autres nantis à coups de centaines d’euros. Parfois, une légère lassitude s’installe, quand une vente s’éternise (deux minutes) malgré tout le talent des commissaires-priseurs, aussi dynamiques que blagueurs, redoublant d’efforts pour faire sortir l’argent de nos petites poches. Certains types lèvent la main pour enchérir sans même prêter attention à ce qui se passe, mécaniquement. De toute évidence, plus la vente avance et moins la musique est au centre des débats ; malgré les interludes sonores qui ponctuent ce parcours du combattant. C’est d’autant plus vrai avec la star de la vente, le fameux EP de Syd Barrett. Une fois prononcé le mot « adjugé » sous un tonnerre d’applaudissements, son nouveau propriétaire lâchera avec un geste qui en dit long : « C’est pour mes enfants. »

En tendant les billets à mon interlocutrice vannée, des vinyles de musique classique (loin d’être en parfait état) partent pour plusieurs milliers d’euros. C’est le coup de grâce, surtout après plus de six heures passées dans l’enceinte du Studio 104. On ressort avec la tête comme un compteur à gaz, mais ce n’était pas une journée de perdue. On voulait vivre une expérience… on peut dire qu’on en a eu pour notre argent.

[Traductions] Interview de Jamie Crook de Data Discs (Starburst Magazine, novembre 2015)

La musique de jeux vidéo commence enfin à gagner ses lettres de noblesse avec le regain d’intérêt ces dernières années pour les années 80/90. Le tout jeune Data Discs s’inscrit dans cette dynamique et réalise un travail absolument merveilleux en proposant des vinyles de bandes originales dans des éditions de haute qualité. Bien que cet entretien n’évoque pas en détail le business model particulièrement efficace du label, il permet de mieux comprendre l’état d’esprit de son fondateur, Jamie Crook.
Merci de respecter mon travail et de ne pas vous approprier mes traductions. C’est par pure volonté d’échange que je mets ces écrits à votre disposition. Contactez-moi pour tout autre renseignement.

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Auteur original : Nick Spacek
Source : Starburst
Support : Magazine en ligne (22 novembre 2015)

Data Discs n’existe que depuis quelques mois mais a déjà réussi le pari de sortir trois disques en très peu de temps. Leurs rééditions en vinyle de musique des jeux vidéo Streets of Rage, Shenmue et Shinobi III ont été largement saluées par tous ceux qui les ont écoutées. Si l’on ajoute à ça les prochaines éditions d’Outrun et de Streets of Rage 2, on peut d’ores et déjà dire que Data Discs est le label incontournable des bandes originales vidéoludiques. Nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions au fondateur du label, Jamie Crook.

Dans quelle mesure avez-vous travaillé avec les compositeurs ?
Ça dépend. Quand on développe des produits sous licence comme les nôtres, c’est un peu utopique de croire qu’on travaillera toujours directement avec les compositeurs. Parfois, quel que soit notre enthousiasme et notre désir de les impliquer davantage, c’est tout simplement impossible. La distribution de produits licenciés avec de grandes entreprises ne fonctionne pas comme ça. Nous avons collaboré étroitement avec Yuzo Koshiro pour Streets of Rage et nous continuerons de le faire pour le reste de la trilogie. C’était un plaisir de travailler ensemble. C’est lui qui nous a fourni les fichiers NEC PC-88 de Streets of Rage (Bare Knuckle au Japon), ce qui nous a permis d’explorer de nombreuses choses lors du processus de masterisation. Au final, après avoir demandé conseil au compositeur, nous avons opté pour un mélange des pistes PC-88 et de captures directes d’une Mega Drive modifiée, afin d’obtenir les masters les plus convaincants selon les spécificités de chaque morceau. Evidemment, il avait son mot à dire sur la version définitive.

Quelles ont été les réactions de vos collaborateurs à la sortie des vinyles ?
Pour nous, c’est très important de satisfaire à la fois les compositeurs et les ayant-droits avec nos produits. Je crois que jusqu’ici, c’est réussi.

La musique de jeux vidéo fait l’objet de nombreuses réinterprétations, à travers les variations progressives de Minibosses ou de Powerglove, ou les versions orchestrales de ‘Video Games Live’. D’après vous, que peut offrir de particulier la musique originale ?
Les gens n’ont cessé de revisiter et d’adapter la musique de jeux vidéo depuis son apparition, même chez les éditeurs (par exemple, SEGA et TAITO avaient leurs propres groupes en interne, respectivement le S.S.T. Band et Zuntata). Depuis plus de trente ans, les jeux vidéo ont une influence énorme sur la culture populaire ; mais il semblerait en effet que récemment, ils soient devenus à la mode. C’est le résultat de facteurs confluents, pas simplement de la nostalgie. Les enfants des années 80 sont maintenant des adultes qui commencent à réaliser l’impact, conscient ou non, que les jeux de leur enfance ont eu sur leur identité. En ce sens, c’est le moment idéal pour développer des projets comme le nôtre. Il y a quelque chose de très gratifiant à redécouvrir la musique originale, hors de son contexte vidéoludique, et à la considérer comme création artistique à part entière. C’est aussi très réconfortant, bizarrement.

Sur le podcast Damn Fine, le compositeur Disasterpeace a soulevé un point intéressant, la contradiction de proposer de la musique électronique sur un format analogique. Quel est votre avis sur la question ?
Une large majorité de la musique actuelle est enregistrée selon des processus numériques. Pour commencer, un enregistrement purement analogique doit être issu d’une cassette, ce qui devient de plus en plus rare (pour le meilleur et pour le pire). Opposer de façon binaire l’analogique du numérique est trop simpliste ; ce sont juste différents outils que les artistes et les ingénieurs peuvent exploiter à leur guise. Souvent, la musique la plus intéressante se base sur leur interaction, qu’elle soit récente ou non.

Quels ont été les retours sur les trois vinyles parus à ce jour ?
Je suis très heureux de dire qu’ils ont été extrêmement positifs.

Croyez-vous que le fait d’attendre que les disques soient en cours de pressage permette d’éviter des problèmes rencontrés par d’autres labels ? Certains d’entre eux proposent des précommandes avant cette étape, générant de longs mois d’attente, tandis que vos disques sont livrés à temps…
La précommande est un sujet épineux sur lequel les labels indépendants tentent toujours de trouver le bon équilibre. Avant d’y penser, nous nous assurons d’abord que nos disques soient en usine, ce qui revient à estimer le niveau de la demande pour décider de la quantité à presser. C’était compliqué pour nos deux premières références, Streets of Rage et Shenmue, puisque nous avions alors peu de connaissances vis-à-vis du potentiel de nos sorties. Jusque-là, personne d’autre n’avait édité en vinyle des musiques originales de jeux vidéo, c’était un saut dans l’inconnu ; mais sans inquiétude outre-mesure, puisque le label pouvait compter sur deux titres très solides, dans des styles absolument différents mais tout à fait géniaux. Pour en revenir aux précommandes, elles sont presque essentielles de nos jours, étant donné l’état actuel du marché du vinyle – même si nous sommes fiers d’avoir proposé notre troisième titre, Shinobi III, sans aucune période de précommande. Cela dit, des labels ont fréquemment recours à cet outil pour financer leurs sorties, ce qui est assez injuste ; c’est prendre le consommateur pour une facilité de crédit, alors que la précommande ne devrait que permettre aux gens de réserver des exemplaires à l’avance.

Les bandeaux promotionnels (OBI) permettent d’uniformiser toutes vos sorties, mais était-ce le but recherché ou juste un clin d’œil aux racines japonaises des musiques ? Même chose pour l’esthétique des pochettes faisant référence au packaging des jeux vidéo ? Je pense notamment aux premiers jeux CD sortis sur Playstation, par exemple.
Notre catalogue fonctionne comme une collection, certains éléments de design doivent donc permettre de reconnaître le « style de la maison » (notamment l’obi, la tranche et le label). Ces choix ont été largement plus inspirés par les disques d’ambient japonais que les emballages de jeux vidéo.

Est-ce un choix de ne pas avoir inclus de livret ?
Pas vraiment, mais je ne pense pas que ce soit important. En général, nous évitons de charger nos sorties avec des objets superflus pour laisser la part belle au son dans un écrin élégant et distinctif. Trop de promotion et de marketing peuvent rapidement nuire à une sortie.

En quoi consiste exactement le processus de masterisation de musique purement numérique pour un format analogique ? Des données sont-elles perdues en cours de route ?
Nos sources audio (consoles, systèmes d’arcade, etc.) sont réalisées à partir d’échantillonnages haute résolution capturant un large spectre de bits. Elles sont ensuite envoyées à notre ingénieur son (le plus souvent, mon frère) qui prépare les enregistrements pour le format vinyle, ce qui implique la prise en charge des timings et des dynamiques, des incompatibilités et autres problèmes potentiels relatifs aux fréquences. Et puis, des choix créatifs sont faits pour exploiter à fond la matière brute. Nos disques sont destinés aux platines, ils doivent générer une expérience d’écoute agréable, comme de vrais albums musicaux. Pour en tirer le meilleur parti, il faut parfois réduire les sons grinçants qu’on n’entendrait pas sur un téléviseur, mais qui prendraient une dimension trop manifeste sur un équipement hi-fi, et reconstituer un ensemble homogène.
Je ne dirais pas qu’on perd quelque chose en route ; après tout, nous capturons la matière audio à une résolution bien plus haute que la source originale. Notre principal objectif, c’est de faire profiter des caractéristiques sonores et esthétiques du vinyle à la musique. Si nos disques ressemblaient en tous points aux sons originaux – dont la plupart sont déjà disponibles ailleurs – alors notre entreprise n’aurait aucun sens. Personnellement, j’adore ce mariage inhabituel entre deux formats très différents et les nouvelles possibilités sonores qu’il permet. Il ne s’agit pas seulement de produire les éditions les plus « authentiques » ou « définitives » de ces bandes originales, mais de les faire revivre de manière originale. Et puis, nous espérons que ces disques seront une passerelle par laquelle les gens s’intéresseront davantage au vinyle et aux incroyables labels qui travaillent sur ce format de nos jours..   □ B.M.

Plus d’informations sur les sorties du label Data Discs sont disponibles sur data-discs.com.

 

Halte

halte

Des lieux vibrant de vie deviennent poudrières
Des mains ensanglantées referment des paupières
Des bougies accompagnent l’envol des prières
Et notre cœur soupire : tu ne passeras pas.

Venues de part et d’autre se posent des questions
« Rejetons-leur la faute, élevons des bastions »
Or nul ne doit céder, générer l’exaction,
Mais plutôt répéter : tu ne passeras pas.

Tu entends tout détruire parce que tu es légion
Tu prétends imposer ta fausse religion
Mais un peuple se dresse face à la contagion
Pacifique et serein : tu ne passeras pas.

Victimes et réfugiés dans la même galère
Bras dessus bras dessous, n’oubliant pas hier,
De Palmyre à Paris gronde notre colère
Sourde et déterminée : tu ne passeras pas.

B.M.

Finders Keepers réédite (enfin) la bande originale de Belladonna of Sadness

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Il y a quelques mois, un nouvel éditeur californien répondant au nom de Cinelicious Pics annonçait avec fierté leur restauration 4K en interne de Belladonna of Sadness, après un travail remarquable (tumblr.). Aujourd’hui, le label indépendant Finders Keepers profite de sa prochaine ressortie en salles obscures pour rééditer en vinyle la bande originale de ce superbe film d’animation, dans une édition collector limitée absolument splendide. Accompagné d’une reproduction de l’affiche française, le LP est précieusement logé dans un écrin en cuir artificiel, frappé d’un des nombreux symboles marquants du film.

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Un Graal maudit à l’aura presque mythique rejoint donc la discographie de Finders Keepers Records. Ce vinyle est la toute première réédition de la BO introuvable signée Masahiko Satō du film d’animation nippon Kanashimi no Belladonna, réalisé en 1973 par un proche de Tezuka, Eiichi Yamamoto ; une œuvre culte ayant fait son trou en réunissant des producteurs japonais d’anime autour du genre « pinku », qui doit sa notoriété par le choix des thèmes difficiles qu’elle aborde : politique, sexe et occultisme. Les éditions originales de la musique du film ne risquaient pas de faire tourner la tête autrement que par les sommes folles atteintes sur les marchés ultraspécialisés.

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Fruit d’une première collaboration directe avec Satō – annonçant de futures rééditions des nombreux albums du compositeur avant-gardiste, le label précise avoir coupé le thème d’amour écrit par Asei Kobayashi et Mayumi Tachibana, qui détonnait un peu du psychédélisme ambiant ; l’excuse avancée étant la volonté de proposer un album « 100% Satō », bien qu’une question de droits soit certainement plus à l’origine d’une telle décision… Cela ne devrait en aucun cas empêcher les amateurs de se ruer sur cet objet, surtout quand on connaît la qualité des pressages Finders Keepers !

Cette semaine, on ressort les archives

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Semaine thématique. Dans un billet paru fin 2014, j’avais parlé de publier sur OTBT des anciennes chroniques légèrement revues et corrigées, pour les sortir des archives. Je n’ai malheureusement pas pu, entre février et juin dernier, m’en occuper comme prévu. J’ai donc retroussé mes manches ces derniers jours et préparé plusieurs critiques pour le blog, à suivre dès lundi. Il reste encore beaucoup de travail pour reprendre certains écrits qui feront l’objet de publications ultérieures. En attendant, je ne peux pas m’en cacher : au programme cette fois-ci, presque exclusivement des artistes japonais. On ne se refait pas !