[Musique] Neil Young – Live at the BBC / Harvest / Journey Through the Past (NYPJ #02)

Second épisode de mini-critiques consacrées à Neil Young. Un bootleg, un disque d’or et un album méconnu.

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Live at the BBC (1971) [bootleg]

Même si beaucoup de mélomanes évaluent un artiste par ses performances live, il est plutôt rare de découvrir son plein potentiel via un simple bootleg. Ce concert de 30 minutes enregistré le 23 février 1971 à la BBC est pourtant un de mes premiers contacts avec Neil Young… Une performance forte, puissante, dévastatrice. C’est à cet instant que je me suis littéralement imprégné de sa musique. Depuis l’ouverture à l’antenne avec le déchirant « Out on the Weekend » jusqu’à l’entraînant « Dance, Dance, Dance », l’expérience m’a marquée de bout en bout. La posture voûtée, la voix fébrile, l’humour entre chaque morceau, le loner enchaîne nouveaux morceaux à paraître sur son prochain album : de futurs grands classiques comme « Old Man », « Heart of Gold » et « A Man Needs a Maid » dans des versions intimes, poignantes, captées sur le vif. Il faudra attendre de nombreuses années avant de pouvoir profiter du concert à Massey Hall donné deux mois plus tôt. Pour beaucoup de fans, c’est cette prestation télédiffusée qui sera longtemps la référence, un sommet artistique de Neil Young dont l’impact est renforcé par l’aspect visuel du document. Pour moi, l’expérience de la découverte demeure insurpassable et reste gravée dans mon cœur aux côtés d’un autre enregistrement pirate dont j’ai malheureusement perdu la trace.

Harvest (1972)

Meilleure vente de l’année 1972 aux Etats-Unis, devenu un classique parmi les classiques avec son lot de chansons cultes, Harvest n’a pourtant pas grand-chose à voir avec l’aspect touchant que j’aime retrouver chez Neil Young. Par sa production trop léchée voire emphatique – la pompeuse présence du London Symphony Orchestra sur « A Man Needs a Maid » et « There’s a World » – ce disque est la preuve que de bonnes compositions et qu’un bon interprète ne font pas nécessairement un excellent album. Bien sûr, il serait injuste d’en parler avec trop de sévérité, mais aujourd’hui encore j’ai du mal à comprendre comment on peut le considérer comme le sommet discographique du chanteur canadien. Il y a un manque d’équilibre là-dedans, une hétérogénéité (notamment quand on passe de « Heart of Gold » à « Are You Ready for the Country? »). Autre élément à charge, le jeu assez plat des Stray Gators sur « Alabama » ou « Words », qui ne parviennent pas à exploser le quatrième mur comme le feraient les membres du Crazy Horse. Heureusement, les tubes de l’époque sont tous là, en particulier le magnifique « The Needle and the Damage Done » capté lors d’un concert à UCLA. Mais ça n’empêche pas d’être ennuyé par un fait : beaucoup se contentent d’écouter en boucle cet unique album, qui ne démontre en rien toute la puissance émotionnelle que peut atteindre Neil Young.

Journey Through the Past (1972)

Selon un vieil adage, les stars du rock ne devraient jamais toucher à une caméra. Il semblerait que le premier film réalisé par Neil Young, Journey Through the Past, ne fasse pas exception à la règle. C’est peut-être la raison pour laquelle cette bande originale n’est pas vraiment tenue en haute estime par les fans ? Je l’ai moi-même négligée jusqu’à récemment, car le disque n’a jamais été réédité en CD. Pourtant à l’écoute, en dehors de tout visionnage du documentaire, il est facile de relever un certain nombre de bons points. D’abord, l’enchaînement de deux pistes du Buffalo Springfield en ouverture avec trois morceaux live de CSNY – dont une très bonne version de « Ohio ». Si l’ensemble paraît parfois un peu poussif, notamment sur « Are You Ready for the Country? », on se délecte avec plaisir de la perle de l’album, un « Southern Man » rageur. Une version de « Alabama » retravaillée pour le film précède de façon similaire un « Words » long de 15 minutes. Certes, le son est parfois bien faible, mais une remasterisation pourrait bien corriger ce problème. En fait, outre l’anecdotique « Let Me Call You Sweetheart », c’est la face D qui pâlit vraiment en comparaison du reste, trustée par le prêchiprêcha et la chorale insupportable du Tony & Susan Alamo Christian Foundation Orchestra. Elle explique presque le désintérêt quasi-général pour ce double disque surprenant mais disparate sorti dans l’ombre de Harvest.

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