[Archives] Keiji Haino – Un autre chemin vers l’Ultime

Quatrième archive, on retrouve mon artiste japonais préféré mais dans un registre que j’apprécie beaucoup moins. Cette chronique ne provient pas de mon précédent blog.

Chronique publiée à l’origine le 10 avril 2012

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Artiste : Keiji Haino
Titre de l’album : Un autre chemin vers l’Ultime
Année de sortie : 2011
Label : Prele
Genre : A cappella bruitiste

Je m’en souviens comme si c’était hier. Pour mon anniversaire en octobre 2008, on m’avait offert un aller-retour à Paris afin d’aller voir Keiji Haino en concert au Centre Pompidou, lors d’une soirée où se sont croisés un artiste catalan branché sur la mode geek et une chanteuse de pop hindoue, tandis qu’une petite coréenne venait planter ses stickers ronds partout sur les gens de passage, sans éveiller les soupçons. Inutile de dire que j’espérais beaucoup de Haino, qui devait clore cette soirée par un concert à vous faire saigner les tympans, quelque peu agacé par le comportement vaniteux de certains connaisseurs, pour qui la scène se transformait bientôt en lieu de culte dans lequel silence devait se faire. Pour la seule et unique fois de ma vie, je m’attendais donc à le voir gesticuler sur scène avec sa guitare à la main, hurler et balancer des murs de son. Bouchons aux oreilles, les yeux rivés sur les amplis qui surgissaient de cette grande salle obscure : j’étais prêt.

La performance aura duré une bonne heure, que l’on divisera ainsi : trente minutes de longs chants variant du chant guttural aux douces mélopées, suivies d’un quart d’heure d’excursions buccales précédant un minuscule final de cinq minutes pendant lesquelles, enfin, le bonhomme s’énervait contre son micro en sautillant, chevelure au vent des larsens. Et puis, rideau. Mi-figue mi-raisin, je venais néanmoins de découvrir un genre peu arpenté, le vocal-noise ou chant a cappella bruitiste. Le sombre gourou japonais avait réussi l’exploit de me prendre complètement à contre-pied. Un autre chemin vers l’Ultime dérive essentiellement de cette tentative de recherche sonore qu’on situera entre des sifflements sépulcraux et des ablutions buccales à l’intérêt peu évident. Exit les chants sauce tibétaine, bienvenue aux borborygmes et autres ronflements, aux cris stridents qui viennent perturber un calme apparent ; connaissant mes limites dans l’appréciation de la musique vocale improvisée (en gros, je préfère largement Oidupaa Vladimir Oiun à Phil Minton), il y avait peu de chances que ce disque me touche. Pas de surprise cette fois-ci.

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