[Musique] Neil Young – Neil Young / Everybody Knows This Is Nowhere / After the Gold Rush (NYPJ #01)

Premier épisode d’une suite de courts paragraphes dédiés aux enregistrements plus ou moins officiels de Neil Young. Trois albums officiels pour commencer.

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Neil Young (1968)

Bien qu’on parle du tout premier album de Neil Young, je ne l’ai découvert qu’assez tardivement. Sale habitude ! Je commence rarement par le commencement, démarche pourtant vitale pour qui veut comprendre l’évolution d’un artiste à travers sa discographie. Je m’en souviens encore, on m’avait promis du lourd, juste un ton en-deçà du reste. Or, cet album éponyme ne m’a jamais vraiment emballé : c’est un « bon » disque, mais est-ce suffisant quand on s’appelle Neil Young ? Primo, je lui reproche une production assez lisse qui ternit la richesse de certains morceaux. Le son manque d’ampleur, de relief et ce dès le premier instrumental, « The Emperor of Wyoming ». Ensuite, le tout donne l’impression que le Canadien cherche encore son identité musicale après l’époque Buffalo Springfield. « If I Could Have Her Tonight » est une ballade 60s un peu trop évidente tandis que le « String Quartet » semble relever de l’artifice dans un album de qualité hétérogène. Cela dit, on retrouve déjà tous les éléments qui annoncent le succès à venir avec trois morceaux très connus qu’il reprendra souvent en concert : « The Loner », « The Old Laughing Lady » et le magnifique « The Last Trip to Tulsa ». Si Neil Young a parfois la main lourde sur les arrangements (« I’ve Loved Her So Long »), le disque n’en demeure pas moins plus qu’honorable. L’écoute est souvent très agréable avec de beaux moments.

Everybody Knows This Is Nowhere (1969)

Voilà un disque précieux. Il en existe peu comme celui-ci, capables de conserver une telle fraîcheur malgré le nombre d’années et le nombre d’écoutes successives. A de nombreuses reprises, j’ai voulu rédiger une chronique de cet album magistral sans tomber dans les superlatifs. Pas facile ! On abandonne facilement l’idée de lui rendre pleinement justice sans se livrer. Mon avis n’a que très peu évolué depuis près de dix ans. Aujourd’hui, seul « Running Dry » me paraît un peu trop larmoyant, bien que son atmosphère grinçante apporte un vrai plus à l’album. Nostalgie ? Peut-être, mais pas uniquement. Dans son ensemble, Everybody Knows This Is Nowhere est parfaitement maîtrisé. On entame l’écoute par « Cinnamon Girl » et son solo de guitare monocorde, suivi de près par le morceau éponyme tout aussi magique. Neil Young semble inventer ex nihilo son style signature, en particulier avec ces grandes chevauchées électriques que sont « Down By the River » et « Cowgirl in the Sand », qui confèrent à ce second opus une authentique identité, une pulsation, une histoire. Entre les lignes, « Round & Round » nous emporte dans une introspection sentimentale sans faux-semblant, tandis que « The Losing End » possède les éléments d’une sorte de saudade canadienne, oscillant entre douceur et mélancolie. C’est un disque qui m’a toujours accompagné, et qui me hantera peut-être jusqu’à la fin.

After the Gold Rush (1970)

Unanimement reconnu comme le chef-d’œuvre de folk rock youngien, After the Goldrush ne m’est pourtant jamais apparu comme un des gros essentiels à retenir de la discographie du loner. J’ai appris à le savourer à sa juste valeur au fil des années, pour sa délicatesse d’abord, puis pour sa fragilité. C’est une qualité à laquelle j’accorde peu de crédit en général, ayant toujours l’impression de me faire manipuler par la douceur quand elle est un peu trop affichée, par exemple sur le morceau qui baptise le disque ; alors que les chansons comme le célèbre « Tell Me Why », « Only Love Can Break Your Heart », « I Believe in You » ou encore le fabuleux « Lonesome Me » me touchent beaucoup plus, malgré des paroles pas forcément très recherchées. La palme revient à « Don’t Let it Bring You Down », une ode à l’espoir qui résonne comme un appel à l’aide. Au-delà de cette pure affaire de goût, le disque prend son envol électrique avec les morceaux « Southern Man » et « When You Dance I Can Really Love ». Ils permettent vraiment à After the Goldrush de prendre une autre dimension en laissant un peu de côté la folk pour goûter à un peu plus de rock. Nul doute que Bob Dylan est passé par-là. Autre singularité de l’album : « Till the Morning Comes » et « Cripple Creek Ferry », deux morceaux courts comme curiosités à déguster en fin de chaque face du vinyle.

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