Résurrection en vinyle d’anciens albums des Melvins

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Alors que la discographie des Melvins a accueilli cet automne leur dernier poupon, Hold It In, une campagne de rééditions de leurs anciens albums vient d’être lancée. Voilà qui devrait enfin faire satisfaire quelques collectionneurs de vinyles qui s’arrachaient les cheveux à devoir choisir entre disques originaux hors de prix et bootlegs de moindre qualité ! Cette pratique de rééditions non-officielles était si ancrée qu’on la retrouvait même dans le catalogue des labels qui avaient lancé les albums à l’origine… C’est d’ailleurs Boner Records qui va s’occuper cette fois de lancer sur le marché deux double-LP dès le 20 janvier 2015 : le premier regroupera les grands classiques Ozma (1989) et Bullhead (1991), tandis que le second proposera l’EP Eggnog (1991) ainsi que le cultissime Lysol (1992), rebaptisé pour l’occasion « Lice-all ».

La pochette ouvrante de chaque double-LP sera l’occasion de découvrir des photos vintage inédites, tandis qu’un coupon de téléchargement sera bien sûr inclus. Une sélection qui ne pourra qu’enchanter les fans du groupe les plus intransigeants – il s’agit ni plus ni moins des morceaux de choix de leur période pré-Atlantic ! Espérons que la campagne ne s’arrête pas en aussi bon chemin, il reste encore des essentiels à sauver de la spéculation, ne serait-ce que le légendaire Houdini (1993). Pour le moment, les deux packs sont disponibles en précommande sur Amazon US au prix indicatif de 28$. Contactez votre disquaire !

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Réédition de « Lick My Decals Off, Baby » à l’occasion d’un nouveau coffret CD « Sun, Zoom, Spark »

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Flash info… Encore une bonne nouvelle pour les fans de Captain Beefheart ! Lick My Decals Off, Baby, magistral album longtemps épuisé en CD, fait l’objet d’une réédition pour un splendide coffret Rhino, offrant pour la toute première fois les remasterisations des disques cultes couvrant la période 1970-1972. On retrouve donc les fameux The Spotlight Kid et Clear Spot, mais également en bonus une sélection de 14 chutes de studio complètement inédites faisant l’objet d’un quatrième disque. Parmi elles, des versions alternatives de « Dirty Blue Gene », « Alice in Blunderland » et « Best Batch Yet », des instrumentaux (« Your Love Brought Me To Life ») ou encore un early mix de « Nowadays a Woman’s Gotta Hit a Man ». Que du bonheur en perspective !

Prévu pour le 10 novembre 2014, il semblerait que l’objet ait pris un peu de retard puisqu’il est toujours introuvable en magasin. Les gourous du format analogique peuvent également compter sur un coffret vinyle qui s’annonce luxueux, même si pour cela il faudra débourser le double de la version CD (c’est-à-dire une soixantaine d’euros). Espérons pour les plus petites bourses qu’on pourra retrouver ces enregistrements sur disques séparés dans un futur proche…sunzoomsparkLP

[Musique] Bobby Few – Rhapsody in Few

Vinyl-rip n°3 !

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Artiste : Bobby Few
Titre de l’album : Rhapsody in Few
Année de sortie : 1983
Label : Black Lion Records
Genre : Avant-garde jazz, soul jazz

A moins d’être amateur de jazz accompli, le nom de Bobby Few ne vous dit certainement pas grand-chose. Ce pianiste plutôt méconnu, natif de l’Ohio, possède pourtant des références imposant le respect : ami d’enfance d’un certain Albert Ayler (qu’il accompagnera plus tard sur Music Is the Healing Force of the Universe), remarqué très tôt par Ella Fitzgerald, il commence sa carrière dans les années soixante avant d’enregistrer rapidement un premier disque avec Booker Ervin, The In Between, début d’une longue suite de collaborations aux côtés de messieurs tels que Frank Wright, Archie Shepp et Roland Kirk. Installé à Paris depuis 1969, il participe à de nombreux festivals lors desquels il développe un jeu orienté free jazz, qui l’amène à travailler aux côtés de Steve Lacy dès les années 80. C‘est justement à cette période, dix ans après la sortie de son premier LP proposant déjà un premier jeu de mots (More or Less Few), que paraît Rhapsody in Few chez Black Lion Records.

Ce disque peu courant est distribué en 1983 sur le territoire français par Carrère ; pendant les 45 minutes affichées au compteur, le musicien américain parvient à distiller un jazz atypique plutôt accrocheur, en particulier sur « Dance All Night », qu’il interprète en trio avec Alan Silva et Muhammad Ali. Le reste de l’album (c’est-à-dire l’album dans sa quasi-totalité), dominé par la composition éponyme, donne à écouter Bobby Few en concert solo, en pleine expression de son art pianistique, laissant libre cours à sa palette de couleurs sonores. Sans jamais tomber dans l’étalage gratuit, malgré sa virtuosité, et dans la grande tradition des artistes explorant à fond leur instrument de prédilection, il semble chercher à en maîtriser la résonance. Même si Few ne révolutionne guère le genre musical en lui-même (est-ce vraiment le propos ?), chaque amateur pourra trouver ici un motif de satisfaction personnel. Pour ma part, je ne trouve pas ce disque exceptionnel, d’abord parce que l’enregistrement n’est pas optimal, et parce que la voix de Bobby Few me paraît trop limitée – l’accompagnement constant à la Glenn Gould tend malheureusement à m’agacer. Néanmoins, ses reliefs soul jazz dissonants ont su me marquer et rendre l’écoute agréable : « Everybody Has the Right to Be Free » est à ce titre un court moment de grâce.

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[Musique] Eddie Lund – Aparima

Second vinyl-rip !

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Artistes : Eddie Lund / Hiriata et son Chœur / Salamon et ses Batteurs / Maono et le Groupe de Patutoa
Titre de l’album : Aparima et Otea
Année de sortie : 1965
Label : Tahiti Records
Genre : Musique traditionnelle, Polynésie française

Les chineurs le savent bien, les compilations de musique des îles du pacifique ne sont pas des choses qui manquent. On en trouve partout, de plus ou moins bonne facture. Il n’est pas rare de tomber sur des productions banales et assez vite expédiées, destinées à satisfaire les besoins de ce que Terry Pratchett considère comme la plus redoutable espèce qui soit : le touriste. Bien que ce disque ne soit pas le fruit d’une recherche musicologique approfondie, il représente néanmoins le haut du panier. En effet, Eddie Lund est considéré comme le père de la musique populaire tahitienne telle qu’on l’a connaît aujourd’hui. Ce pianiste américain reconverti en producteur de disques possède une dizaine de vinyles à son actif, presque tous chez la même crèmerie, la bien-nommée Tahiti Records. Sorti en 1965, Aparima est un album moins recherché que d’autres, les pochettes montrant des jeunes filles peu vêtues ayant toujours plus la faveur de certains collectionneurs curieux ; il offre cependant de découvrir en alternance deux styles distincts de la musique polynésienne, appelés aparima et otea.

Comme l’expliquent bien les notes situées au dos de la pochette, l’aparima est une pantomime gracieuse servant à raconter une histoire (qu’il s’agisse d’activités quotidiennes ou d’occasions spéciales), tandis que l’otea est un genre de morceaux de percussions exclusivement joué par des tambours traditionnels, interprétés ici par Salamon et ses Batteurs (les premiers à avoir enregistré ce style musical dans les années 50). L’aparima est donc plus suave et plus coulant, exprime la délicatesse de « baisers des mains » dans des gestes simples comme la pose d’une fleur derrière l’oreille, le mouvement des rames d’une pirogue, la mise en tresse de cheveux ou encore le vol d’un oiseau. Tout cela peut paraître terriblement stéréotypé, mais on admet volontiers que l’ensemble possède une véritable qualité authentique. En effet, plutôt que l’ensemble Eddie Lund and His Tahitians, ce sont Hiriata et son Chœur et Maono et le Groupe de Patutoa qui mènent la barque. Le grain de l’enregistrement participe au charme de la découverte. Bien qu’assez court, Aparima n’a donc pas grand-chose à envier aux disques de fameux labels spécialisés plus sérieux comme Ocora !

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[Musique] Scott Ross – Monsieur Bach

Premier vinyl-rip !

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Artiste : Scott Ross
Titre de l’album : Monsieur Bach
Année de sortie : 1973
Label : STIL
Genre : Musique baroque, clavecin

Ces cinq dernières années, mon parcours a été marqué entre autres par un intérêt naissant pour la musique baroque. Ce courant musical riche et varié, longtemps négligé, doit en grande partie son appréciation actuelle à certains grands noms tels que Nikolaus Harnoncourt ou Trevor Pinnock. Ces derniers ont su dépoussiérer et redorer le blason de toute une époque, de tout un style, à travers l’enseignement et l’interprétation d’un répertoire oublié. Scott Ross fait partie de ces personnages de premier plan. Ce prodige américain, élève de Kenneth Gilbert, est aujourd’hui particulièrement connu pour sa célèbre intégrale des sonates pour clavecin du compositeur Domenico Scarlatti. Musicien précoce, il remporte le premier prix du concours international de Bruges à vingt ans, deux ans avant la sortie de son premier enregistrement, sobrement intitulé Monsieur Bach.

Ce premier disque paraît donc en 1973 chez STIL, un label français de connaisseurs. On y trouve autant du Couperin et du Rameau que des artistes de musique contemporaine sortant des écuries INA-GRM (comme le flûtiste Pierre-Yves Artaud), voire même de la musique plus exotique, principalement venue d’Inde. Derrière cette pochette éloignée des canons esthétiques des LP de musique classique, Scott Ross nous propose un court voyage dans l’univers d’un des plus grands compositeurs via une sélection d’œuvres du grand Bach : la quatrième partita en ré majeur, le prélude, fugue et allegro en mi bémol majeur et surtout une merveilleuse interprétation de l’Offrande musicale au clavecin, privée de sa sonate en trio mais occupant une large place sur la face B. Le claviériste laisse éclater toute sa sensibilité et révèle au grand jour sa profonde compréhension du style baroque dans cette version intimiste rappelant les efforts de Gustav Leonhardt, autre grand bienfaiteur de la musique baroque. La qualité de prise de son n’est pas en reste, faisant de ce disque un vrai bonheur pour les amoureux du clavicembalo.

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