[Traductions] Pourquoi le Dual-Format ? (Criterion, 20 août 2013)

Depuis quelques années, les éditeurs vidéo au catalogue HD proposent de plus en plus des éditions « Dual-Format », autrement dit des combos Blu-Ray  + DVD. Ce choix n’est pas forcément compris par les clients. Le passage du Blu-Ray simple au Dual-Format chez BFI ou Masters of Cinema a fait couler beaucoup d’encre : changement de taille de boîtier, DVD jugé inutile ou considéré comme un moyen d’augmenter les prix. Alors que la fameuse collection Criterion entreprend elle aussi de passer au Dual-Format, un article a été publié moins d’une semaine après l’annonce des nouveautés du mois de novembre ; annonce qui restera visiblement marquée dans les esprits des inconditionnels de l’éditeur américain.
Merci de respecter mon travail et de ne pas vous approprier mes traductions. C’est par pure volonté d’échange que je mets ces écrits à votre disposition. Contactez-moi pour tout autre renseignement.

Pourquoi le Dual-Format ?

Auteur original : Peter Becker
Source : Site web (criterion.com)
Support : Article numérique

Pourquoi le Dual-Format ?

La semaine dernière, nous avons annoncé qu’à partir de novembre prochain, Criterion commencera à sortir des éditions Dual-Format proposant à la fois des disques DVD et Blu-ray dans un même pack. Les réactions à cette annonce ont été extrêmement positives, bien que nous sachions que cela soulèverait des interrogations. De loin, les questions les plus posées étaient : « L’objet sera-t-il de taille Blu-Ray ou DVD ? » (Réponse : taille Blu-ray, à l’exception du coffret Zatoichi, qui aura la taille d’un Blu-ray dans un sens et la taille d’un DVD dans l’autre.) « Est-ce que cela prendra plus de place sur les étagères ? » (Pas si nous pouvons l’éviter.) Enfin, « Est-ce que c’est définitif ? » (Rien ne l’est, mais nous continuerons sur cette voie tant que cela fonctionnera.)

Voilà pour les questions simples ; mais nous savions que d’autres questions plus complexes allaient suivre, correspondant à celles que nous avions-nous-mêmes soulevées avant d’arriver à notre décision : « Au final, cela ne revient-il pas à vendre aux clients DVD des disques qu’ils ne peuvent pas lire, et aux clients Blu-ray des disques dont ils n’ont aucune utilité ? N’est-ce pas là un immense gâchis ? Les clients DVD ne sont-ils pas les plus lésés étant donné qu’ils paieront plus cher ? Pourquoi faire cela, et pourquoi maintenant ? »

Cela fait cinq ans que Criterion a annoncé ses premières éditions Blu-Ray. Tout au long de cette période, nous avons pris des mesures pour satisfaire les attentes de chacun, quel que soit leur format de prédilection. Pour chaque sortie Blu-ray, une édition DVD voyait également le jour, et avec la baisse de prix des pressages DVD, nous avons même pu faire économiser nos clients DVD en proposant les nouveautés DVD au prix de 29,95 $ au lieu du tarif habituel de 39,95 $.

Aujourd’hui, le Blu-Ray représente environ 60% de nos ventes, contre 40% de DVD. La bonne nouvelle, c’est que la croissance du Blu-ray a fait davantage que simplement compenser la baisse des parts en DVD. Notre public est donc de plus en plus large ; mais au lieu d’avoir à fabriquer un produit, il nous en faut deux, et c’est à partir de là que les problèmes commencent.

La seule manière de pouvoir nous permettre de fabriquer les articles qui font notre succès, c’est d’éditer nos produits en grandes quantités : sinon, impossible d’atteindre le seuil de rentabilité à cause du prix à l’unité. L’investissement peut paraître plus important sur les grands tirages, mais tant que nous arrivons à vendre, nous pouvons réaliser des économies sur le long terme et vous proposer le meilleur produit possible.

Du fait d’avoir à produire deux articles physiques, ces économies d’échelle ont été réduites de moitié. Au lieu de fabriquer un seul grand tirage rentable d’un article en DVD, il nous fallait deux tirages différents à quantités sensiblement égales : un pour le Blu-Ray, un autre pour le DVD. Cependant, pour que la fabrication soit rentable, le coût unitaire doit être bas et le tirage aussi important que d’habitude : en d’autres termes, il faut fabriquer deux fois plus que nécessaire. L’édition Blu-ray peut se vendre très vite et nécessiter un nouveau tirage assez tôt ; mais les stocks de DVD prendront plus de temps à diminuer. Une fois les éditions DVD épuisées, avoir recours à un autre grand tirage n’est pas une alternative viable, car nous ne vendrions jamais assez d’exemplaires pour justifier un tel investissement. Quant à les rééditer en petites quantités, cela nous ferait perdre de l’argent pour chaque exemplaire vendu. Que faire ?

En observant les pratiques du secteur, de nombreux choix déplaisants s’offraient à nous. Nous aurions pu arrêter de fabriquer des objets de qualité au packaging travaillé, mais cela nous paraissait inconcevable. Nous aurions pu arrêter l’édition DVD, mais cela nous aurait coupés de 40% de nos clients, dont la plupart des écoles, des médiathèques et des universités. Nous aurions pu choisir de laisser un DVD épuisé après son tirage initial, mais nous avons toujours fait notre possible pour que nos titres soient disponibles tant que nous en possédions les droits. Nous aurions pu réduire le contenu de l’édition DVD après le tirage initial en laissant tomber le livret, mais dans ce cas nous ne délivrerions pas l’édition que nos clients méritent. Aucune de ces solutions ne servirait nos clients DVD, mais surtout, toutes iraient à l’encontre de notre mission : maintenir la qualité de nos produits et servir nos clients du mieux que possible, quel que soit leur format préféré.

La solution sur laquelle nous revenions toujours était la sortie en Dual-Format ; et plus nous la considérions, plus elle nous paraissait évidente. Ce qui semblait être du gaspillage revenait finalement à des économies. Au lieu d’éditer deux articles en grandes quantités, il était à nouveau possible d’avoir un unique grand tirage. Cela impliquait également moins de gâchis question packaging. Même constat au niveau des stocks, car les disques pouvaient être pressés en petites quantités quand nécessaire. À ce moment-là, les économies accordées à nos clients DVD ne seraient plus d’actualité ; mais si ces derniers paieraient plus cher leur article, ils bénéficieraient en même temps d’un produit anticipant leur possible évolution vers le Blu-ray. De leur côté, les clients Blu-ray ne paieraient pas plus cher pour l’ajout des disques DVD, ils ne seraient donc pas moins bien lotis, et pourraient même prêter leurs DVD pour faire découvrir aux autres leurs films favoris. Enfin, cela nous permettrait de continuer à proposer le meilleur produit possible, ce qui nous semble être ce que vous attendez de nous.

C’est ainsi que nous en sommes arrivés là. Nous en sommes encore à un stade de réflexion, mais nous avons le sentiment que c’est la meilleure chose à faire. Nous continuerons à sortir des mises à jour en Blu-ray simple de temps à autres, mais attendez-vous à ce que toutes les nouveautés Criterion adoptent le Dual-Format dans un avenir proche. Parfois, nous retirerons du commerce les éditions DVD et Blu-ray pour les remplacer par une édition Dual-Format. Nous continuerons à utiliser du plastique et du papier pour nos emballages, mais nous ferons de notre mieux pour nous assurer que ce nouveau format ne prendra pas plus de place sur vos étagères. (Voyez à quel point le coffret Zatoichi est compact !) Tous les bonus des disques Criterion seront disponibles sur chaque format. La collection Eclipse en restera quant à elle aux DVD, afin d’être cohérente avec ses objectifs et son identité d’origine.

Voilà qui devrait répondre aux questions que nous avons reçues après les annonces de jeudi dernier. Pour nous, toutes les interrogations se résument à ceci : comment server à la fois les films et le public, proposer le meilleur produit possible comme nous savons le faire, et rendre cela rentable pour pouvoir recommencer demain ? Aujourd’hui, la meilleure réponse à cette question consiste à faire paraître des éditions Dual-Format. Qui vivra verra !    □ B.M.

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