Le Blu-Ray Pure Audio débarque en France

 

Des disques Bu-Ray purement audiophiles, voilà ce que propose en exclusivité à partir d’aujourd’hui la Fnac pour révolutionner la musique sur support physique. Rien que ça. Ces derniers temps les magasins Virgin, enseignes de l’autre géant de la « culture », ont littéralement été pris d’assaut à l’annonce de prix sacrifiés (à partir de -50% sur tout le magasin), créant des tensions entre consommateurs lambda et spéculateurs peu scrupuleux. Alors que cette enseigne est sur le point de couler, la Fnac tente un coup de poker séduisant. Lequel ? Proposer une expérience audiophile à travers l’édition Blu-Ray d’albums essentiels, sans aucun contenu vidéo. Quel objectif ? Coller au plus proche du son du master d’origine, avec pour la plupart des titres une sélection de pistes bonus similaires à celles des les éditions Deluxe.

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Le line-up de sortie propose une cinquantaine de titres au lancement, dont une grande partie a déjà été dévoilée dans certains magasins et en ligne sur le site de la Fnac. On retrouve évidemment des albums d’artistes tels que Jacques Brel, Barbara, Serge Gainsbourg et Alain Bashung, mais aussi du jazz avec Oscar Peterson, Miles Davis et John Coltrane. Un peu de soul ou de reggae ? Stevie Wonder, Bob Marley. Plus surprenant encore, la présence d’éditions de ce calibre pour The Velvet Underground ou encore Pierre Henry. Mais bien sûr, les œuvres classiques sont loin d’être oubliées avec Beethoven, Dvorak, Mahler… Mais la question qui reste sur toutes les lèvres, c’est : est-ce que la différence est là ?

Le but de la manœuvre, bien entendu, c’est à la fois de réconforter les audiophiles dans leur quête du meilleur son possible, tout en démontrant de manière didactique à un public moins averti que le CD et le MP3, c’est bel et bien fini. Il faut vanter les mérites du vinyle, du son « parfait » pour mieux présenter l’héritier légitime de ce support dépassé. Après l’avoir testé en magasin sur du matériel de pointe, on peut effectivement trouver que le Blu-Ray Pure Audio est à la hauteur du message délivré. En proposant parfois jusqu’à trois formats audio (2.0 PCM, 2.0 CD et DTS-HD), il suffit de passer du master compressé au son haute-définition pour constater que la différence est bien là.

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Évidemment, tout n’est pas rose et le Blu-Ray Pure Audio semble être destiné pour le moment à un marché de niche, celui des audiophiles bien équipés. En effet, étant donnée l’absence de tout contenu vidéo, l’unique valeur ajoutée de ce nouveau support physique est limitée au son. Il faut donc non seulement être équipé d’un lecteur Blu-Ray, mais également d’enceintes de bonne qualité. En plus de cet investissement, le coût du Blu-Ray Pure Audio est tout de même prohibitif : 25€ l’unité, hors prix vert et autres promotions. De quoi s’arracher un peu les cheveux, quand on sait que chaque disque pourrait contenir beaucoup plus qu’un seul album… A noter que pour l’achat d’un disque, vous bénéficiez d’un code pour télécharger l’album en MP3 (compressé) ou en FLAC (sans perte).

Le format n’est pas nouveau ; dans le domaine classique, le label économique Naxos avait déjà sorti des titres dans ce format haute-fidélité. Derrière toute cette promotion, tout le marketing de la Fnac, c’est bel et bien Universal Music France qui se cache. Il n’empêche que l’arrivée d’albums aussi importants dans une édition garantissant un tel confort d’écoute est une assez bonne nouvelle pour tous les « mélomanes exigeants ».

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3 réflexions sur “Le Blu-Ray Pure Audio débarque en France

  1. Bonjour,

    Article très intéressant, merci. Je n’ai jamais acheté de support audio autres que le CD lors des dix dernières années, et il me semble que le vinyle a toujours la côte, auprès des amateurs qui ne s’en sont pas séparés depuis une trentaine d’années, comme auprès d’une génération beaucoup plus jeune (pour qui la société sans portable grand public, d’il y a quinze ans à peine semble aujourd’hui être la préhistoire), orientée DJ/mixeurs ou simples quidams qui aiment l’objet et toujours le son.

    C’est cruel à dire (et les papiers récents sur la fermeture du Virgin Megastore abondent en ce sens), mais le CD en tant que support aujourd’hui n’intéresse plus beaucoup voire même plus du tout auprès de la population qui écoute régulièrement sur I-pod; ce sentiment semble en tout cas se généraliser. Je n’imagine pourtant pas tout de suite la mort du CD en tant que telle. Il me paraîtrait assez curieux de ne plus avoir l’objet physique entre les mains, et avoir l’intégralité d’une discographie sur une clé USB par exemple (l’intégrale des Beatles est bien sortie sous ce format cela dit).

    Outre l’utilisation « classique » par le biais du lecteur de salon, je pensais aussi à l’autre utilisation qui peut être faite du Blu-ray Audio par le biais du PC/Mac. J’écoute principalement de la musique par le biais d’Internet, je continue d’acheter régulièrement des CD et je n’écoute que très rarement celle-ci en mettant un cd dans le lecteur DVD salon.
    Et à (moyen) terme, un Blu-ray audio 3D avec du contenu intéractif ? Même si personnellement je n’ai toujours pas adhéré à ce principe de la 3D.

    Jordan

    • Bonjour Jordan,

      Merci d’avoir commenté l’article. Il est vrai que le vinyle a encore de beaux jours devant lui, la génération du « Back to Black » existe bel et bien. Quitte à payer pour de la musique sur support physique, autant avoir un bel objet. Sur ce plan, le Blu-Ray Pure Audio ne pourra pas rivaliser ; d’ailleurs, aucun autre support ne le pourra, car la taille encombrante du vinyle fait autant son charme que le moment où l’on pose le diamant de la platine sur le disque.

      Je n’arrive pas, moi non plus, à me dire que la dématérialisation annonce la fin pure et simple des divers supports physiques. Pour ma part, bien qu’il y ait un intérêt évident à acheter une intégrale des Beatles (ou celle de Bach) sur une clef USB, je crois que l’on perd l’attrait de la pochette des disques et les informations qui y sont contenues. Je ne crois pas me tromper en disant que ceux qui téléchargent (légalement ou non) du contenu musical ne prennent pas le temps de « feuilleter » un livret format numérique. Là aussi le bât blesse, en marge de la qualité sonore pure.

      Il faut penser que certains ont déjà proposé de la musique en Blu-Ray. Neil Young est un pionnier dans le genre avec la sortie de ses Archives en plusieurs formats : numérique, CD, DVD et Blu-Ray. Pour le disque bleu, le contenu est à la fois qualitatif et quantitatif, proposant une amélioration du confort d’écoute ainsi que du contenu vidéo de fort belle facture. Il est donc possible, et même probable, que l’on tende (enfin) à passer définitivement le cap entre produit musical et produit multimédia. Tant que le choix est donné à l’auditeur je ne vois pas de problème. Même si, encore une fois, il faut avoir le budget pour s’offrir des enceintes audiophiles. Je ne connais pas l’offre sur PC, mais je crois que pour le meilleur et pour le pire, il y aura toujours un avantage à favoriser le « home cinema » que tout autre lecteur intégré.

      • J’ai vu dernièrement qu’il y avait des éditions de CD « classiques » pas au sens musical mais dans le sens de support physique, fournies avec un livret numérique, et çà m’intrigue.

        Pour ce qui est du format vinyle, quand on voit en magasin, spécialisé ou non, puisqu’il s’avère qu’ils sont trouvables en grande quantité dans des enseignes comme Virgin (enfin, ce ne sera malheureusement bientôt plus le cas), ces grandes pochettes ça attire beaucoup plus l’œil que le format réduit des CD (les détails apparaissent nettement plus en vinyle, mais ce
        n’est pas une nouveauté).

        Quand j’ai découvert il y a deux ans le Laserdisc car je ne l’avais pas connu entre 1992 et 1997, j’ai été immédiatement séduit par les pochettes et le respect des affiches originales de films dans beaucoup de cas. Et je continue de collectionner. Par pur plaisir ludique et parce que je collectionne aussi les supports, comme le HD-DVD que j’avais été contraint d’abandonner quand il s’est écroulé au profit du Blu-ray.

        Cela dit, le format CD est celui qui s’est sans doute le plus vite démocratisé comme le DVD au début des années 2000, d’abord vendu à un prix exorbitant, je me rappelle des galettes à 230 francs, puis la révolution est arrivée à l’aune de l’année 2001 avec les premiers collectors et la baisse de prix qui a suivi.
        Le Blu-ray audio risque de ne pas rencontrer tout de suite le grand public, et de se constituer d’abord autour d’un public de niche. Si on me dit que du ABBA sort, je pense que je serai très tenté.

        19,99 € c’est un prix psychologique ((on atteint symboliquement pas tout à fait les 20 €) mais c’est à mon sens déjà trop cher. Parce que c’est le prix d’un Blu-ray vendu en grandes surfaces, et que le public s’attend et veut plutôt un film que s’acheter un CD ou Blu-ray de film au même prix.

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