[Musique] Atahualpa Yupanqui – ¡Soy Libre! ¡Soy Bueno!

Artiste : Atahualpa Yupanqui
Titre de l’album : ¡Soy Libre! ¡Soy Bueno!
Année de sortie : 1968
Label : Le Chant du Monde
Genre : Musique argentine, Folk, Chacarera

En matière de musique sud-américaine, je ne saurais affirmer être un spécialiste. Mis à part les groupes qui suivent les codes occidentaux, il est d’ailleurs plutôt rare d’avoir des conseils avisés en matière de musique plus « traditionnelle » et même, dans certains cas, de pouvoir se procurer à moindre frais des albums – je pense notamment à certains disques majeurs de tropicalisme. Avant d’entendre les poèmes signés Atahualpa Yupanqui et sa musique inspirée, je ne connaissais guère que son illustre compatriote, Astor Piazzolla, roi du tango argentin. Il s’agit pourtant d’un personnage au répertoire immense dont les textes sont profondément humains.

¡Soy Libre! ¡Soy Bueno! est une compilation d’anciens 78 tours enregistrés dans les cinquante, période qui marqué les débuts en France du musicien argentin. Présenté au public par Édith Piaf, ce poète séduira des pairs tels que Louis Aragon, Paul Éluard ou Rafael Alberti qui deviendront ses amis, au même titre que Picasso. Et cela n’est pas si étonnant si l’on prend le temps d’écouter les messages délivrés par cet homme qui, à travers des textes poignants, dépeint sa connaissance des coutumes ancestrales, des paysages boliviens et des pratiques indiennes, dénonçant la misère du petit peuple tout en questionnant la place du poète dans la société.

Parmi les morceaux proposés, presque la moitié sont instrumentaux : un autre moyen pour Atahualpa Yupanqui d’illustrer des rites indiens, d’évoquer avec nostalgie la Pampa ou tout simplement de se remémorer le chant d’une colombe accompagnant des tambours au loin. Une forte expressivité que l’on retrouve bien sûr dans ses poèmes, qui contraste avec sa manière de chanter : loin de la fureur d’un jeune Paco Ibañez, on ressent chez lui une profonde mélancolie, comme un désœuvrement, en particulier lorsqu’il interprète « Trabajo, Quiero Trabajo ». Une vraie découverte pour ma part.

« D’abord il faut être un homme, et poète seulement après. »

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