[Musique] Carlos Montoya – Aires Flamencos

Artiste : Carlos Montoya
Titre de l’album : Aires Flamencos
Année de sortie
: 1975
Label : Musidisc
Genre : Flamenco, danses gitanes et espagnoles

Avec le piano et le saxophone, on peut considérer la guitare comme l’un des instruments de musique les plus populaires à ce jour. On leur connaît beaucoup de solistes de renommée internationale, chacun dans un style bien particulier. Au niveau de la guitare classique, acoustique, on peut aussi bien penser aux chanteurs/compositeurs qui ont influencés plusieurs générations de jeunes talents (type Bob Dylan ou Neil Young), qu’aux autres n’ayant que l’instrument comme unique moyen d’expression, par exemple John Fahey et Leo Kottke, rénovateurs du primitivisme américain. Si l’on dépasse les frontières de la musique américaine, et que l’on cherche d’autres musiques enracinées dans le folk local, on pense assez rapidement aux fameux joueurs de jazz manouche comme Django Reinhardt, ou encore aux guitaristes espagnols.

S’il est un guitariste considéré comme le père du flamenco moderne, c’est bien Carlos Montoya. Ce pionnier du genre, issu d’une modeste famille gitane espagnole, est aussi le neveu de Ramon Montoya, connu au début du siècle dernier comme l’accompagnateur du cantaor Antonio Chacón. Carlos Montoya a su rompre avec la tradition en portant le jeu de guitare au premier plan, avec une technicité hallucinante qu’il commence à travailler dès l’âge de sept ans. A l’âge de vingt ans, il signe un début de carrière prometteur qui divisera le monde du flamenco.

Car s’il a su s’accompagner de danseurs comme Vincente Escudero ou la fameuse hispano-argentine Encarnación López Júlvez (« La Argentinita ») et multiplier les concerts en solo outre-Atlantique, de New York à Los Angeles en passant par Washington, la plupart des guitaristes flamenco espagnols voient en lui un joueur peu inspiré, un vulgarisateur du genre. C’est que le madrilène n’hésite pas à abandonner la mesure classique (compás), voire même à garder un tempo régulier, lui qui contrairement à beaucoup d’autres aficionados n’a pas suivi de formation classique.

Le disque Aires Flamencos propose une sélection de musiques de danses issues des diverses régions d’Espagne (les communautés autonomes) ainsi que du folklore gitan. Comme leur nom l’indique, « Sevillanas », « Granadinas » et « Malaguenas Boleras » chantent les couleurs des provinces d’une Séville festive, d’une Grenade romantique et d’une Malaga populaire. « Tientos y Tango » est un tango venu de Cadix, très proche des traditions gitanes andalouses, que l’on retrouve sur d’autres morceaux tels que « Bulerias ». Très caractéristiques du répertoire gitan, les danses « Soleares » et « Peteneras del Cafe de Chinitas » révèlent toute la gaieté de cette musique particulière.

En guise de conclusion, Montoya propose deux titres très différents qui résument à merveille un grand écart stylistique. « Fandango de Huelvas y Verdiales », chant andalou très connu à l’époque, est organisé en trois thèmes populaires, passant du solo (copla) au fandango pour terminer sur une danse rythmique et légère ; « Farruca » est quant à elle un flamenco typique, réarrangé par son interprète qui emploie alors une technique beaucoup plus classique.

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4 réflexions sur “[Musique] Carlos Montoya – Aires Flamencos

  1. Intéressant, je n’avais pas eu (pas pris ?) l’occasion d’écouter ce grand homme… Chose faite grâce à ce petit coup de rappel ! en revanche, LEO KOTTKE !… ça c’est un type incroyable, avec tellement de styles différents (passant de la 6 à la 12 cordes, du folk ou traditionnel, et j’en passe). Mais ne « pourrissons » pas le sujet. Carlos Montoya c’est « sans fin » ! Merci

    • Ah, Leo Kottke ! C’est sûr c’est impressionnant. J’aime beaucoup même si je lui préfère John Fahey. En parallèle à Carlos Montoya, à découvrir aussi le fameux Paco de Lucía, qui fêtera ses 65 ans cette année – et qui a d’ailleurs sorti un double album live en mars dernier. Côté technique là-aussi c’est de la haute volée, surtout en trio avec Di Meola et McLaughlin, « Friday Night in San Francisco  » 🙂

      • « Friday Night in San Francisco » !! en fait, c’est le genre de skeud : ce qui connaissent l’ont « trop » écouté (tellement il est génial), et ceux qui connaissent pas y perdent énormément !! en tout cas je vais me pencher sur John Fahey, rapidos ! merci 😉

  2. Mais de rien ! Attention, une fois écouté John Fahey c’est difficile de s’en défaire 😉 Du noyau dur de musique traditionnelle américaine à ses digressions expérimentales, c’était un des grands musiciens du siècle dernier qui s’est battu pour redorer le blason de la musique « primitive » de son pays…

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