[Cinéma] Robert Bresson – Un condamné à mort s’est échappé

Réalisateur : Robert Bresson
Titre du film : Un condamné à mort s’est échappé
Année : 1956
Durée : 99 min
Genre : Drame, film de guerre, évasion

Dans la grande famille des films d’évasion, on tend à élever Les Evadés (1994) au pinacle du genre, de par son histoire de rédemption portant en elle la fascinante quête de la liberté. Ce thème universel capte naturellement l’attention du spectateur, et explique en partie sa popularité. Pourtant, quel dommage d’oublier la constellation de chefs-d’œuvre partageant cette thématique ! La cinémathèque française nous offre des classiques tels que Le Trou (1960) de Becker ou à une échelle plus individuelle, le fameux film de Bresson, Un condamné à mort s’est échappé (1956). Longtemps espérée par les cinéphiles, une récente restauration nous permet d’évoquer ce film si singulier, qui peut désormais être vu en haute-définition.

Au lendemain de la débâcle de 1940, Fontaine (François Leterrier), résistant, est arrêté à Lyon par des soldats allemands. Emmené à la prison Montluc, battu et brisé, il ne se berce d’aucune illusion quant à son sort. Il choisit néanmoins de faire face à son destin, et élabore un plan d’évasion malgré le peu de moyens qui s’offrent à lui. A force de persévérance et d’ingéniosité, Fontaine semble atteindre son objectif, mais il est bientôt notifié de sa condamnation à mort ; le temps presse. Le même jour, un jeune déserteur, Jost (Charles Le Clainche), est affecté à sa cellule…

Signé Robert Bresson, à qui l’on doit également Pickpocket (1959), ce film réaliste s’ouvre par une phrase : « Cette histoire est véritable. Je la donne comme elle est, sans ornements ». Voilà donc un témoignage filmique aux antipodes des effets spéciaux, loin des musiques à suspense d’un Penderecki sous amphétamine. Seul un traitement intimiste et dépouillé, caractéristique du réalisateur (Journal d’un curé de campagne, 1951), subsiste pour nous mettre en face de ce scénario captivant, qui fait courir ces frissons que seules les histoires vraies procurent.

Le titre alternatif du film (« Le vent souffle où il veut ») confronte la dure réalité de cette évasion à une dimension plus spirituelle. Cette maxime sacrée rappelle les paroles du pasteur prisonnier à Fontaine, qui cite le Christ à Nicodème : « Il faut que vous naissiez de nouveau ». Nous sommes bien en présence, le long du film, de cette idée de salut, de rédemption, qui trouve son écho dans de rares instants musicaux : ceux du Requiem de Mozart, quand ce ne sont pas les bruits extérieurs qui viennent déchirer le lourd silence et la pénombre d’une nuit pas comme les autres.

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