[Musique] John Zorn – First Recordings 1973

Artiste : John Zorn
Titre de l’album : First Recordings 1973
Année de sortie : 1995
Label : Tzadik
Genre : Musique concrète expérimentale, improvisation libre

Quoi de plus naturel que de commencer par les tous premiers pas de John Zorn dans le monde merveilleux de l’improvisation libre ? Comme son nom l’indique, cet album s’affiche davantage comme une compilation de travaux séminaux. Autant prévenir tout de suite : seuls les inconditionnels y trouveront satisfaction, leur intérêt étant limité même pour les zorniens souffrant de collectionnite aigüe. Car First Recordings 1973 se présente comme un foutoir complet où tout semble jaillir de nulle part, où chaque idée trouve sa place bon gré mal gré dans une cacophonie ininterrompue où se côtoie du grosso merdo insupportable et quelques idées franchement originales pour leur temps.

 

De l’aveu de son créateur, « Mikhail Zoetrope » (1974) constitue le projet le plus barge de sa carrière. En effet, ça part dans tous les sens, comme un grand écart douloureux entre Mauricio Kagel et Carl Stalling. En chien fou, Zorn rassemble tout et n’importe quoi sous une même bannière : collage de sons, cris affreux, martyrisation de saxophone… Tout y passe pendant plus de trois quarts d’heure, tandis que pour l’auditeur cette écoute fatigue plutôt qu’elle ne séduit. Heureusement, le reste du disque poursuit une veine plus électro-acoustique.

« Conquest of Mexico » se veut un témoignage sonore tronqué d’une performance happening qui eut lieu en 1973, alors que Zorn, âgé de 20 ans, découvrait le théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud. Il s’improvise compositeur de musique concrète tandis qu’Edgar Varèse monopolise sa pensée – un peu comme Frank Zappa en son temps. En découle cette sorte d’écho bruitiste à Delia Derbyshire. Le résultat est ici beaucoup plus probant, sans doute parce que mieux calibré et plus homogène.

 

Après les courtes pièces « Wind KO/LA » (pas fameuse) et « Automata of Al-Jazari » (dans laquelle on retrouve quelques thèmes connus, comme celui de l’introduction du film The Third Man), Zorn propose « Variations on a Theme by Albert Ayler » (1973), soit une douzaine de minutes dont il sera difficile d’extraire une quelconque substantifique moelle. Comme le souligne son auteur, elle fait le pont entre les deux premières pièces proposées sur cette compilation d’œuvres de jeunesse, qui semble porter en elle un message d’espoir pour tous les nerds solitaires en possession d’un magnétophone.

S’il semble donc logique de voir l’évolution de l’œuvre de John Zorn dans un ordre chronologique, First Recordings 1973 est pourtant loin d’être la meilleure porte d’entrée. L’album permet néanmoins de témoigner de la naissance d’un des plus grands génies musicaux de notre temps.

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