Un poème. Les chimères de passage

Afin de terminer cette petite suite d’articles ayant un lien avec le National Poetry Month, j’aimerais partager avec vous un poème que j’ai rédigé l’année dernière, à peu près à la même période. Je ne pense pas être doué pour ce genre d’exercice, mais il ne me semble pas trop mauvais, alors j’ose le publier. Il exprime en tout cas quelque chose gravé au fond de moi, un sentiment assez fort sur lequel je voulais mettre des mots. N’hésitez pas à me laisser vos impressions.

Les chimères de passage

Quand se redessinent les souvenirs du passé,

Troublant des visages impassibles, rigides,

L’amertume se fige et s’empare des pensées,

Où s’oublie la forme de belles éphémérides.

 *

Lentement exhalée dans un long simulacre,

Une douce mélancolie, manque habité,

Distille en un grand nuage de fumée âcre

Le chagrin fugace d’une brume d’été.

 *

Cette image en filigrane, sur papier de verre,

Se brise pourtant en mille éclats de rires,

En aquarelle dans laquelle percent, gris-vert,

Deux reflets si profonds qu’ils vous font refleurir.

 *

Certaines grâces sont alors cent fois rendues,

Quand bien même elles ne vous furent jamais données,

Comme un sacerdoce affectif, lambeau charnu,

Vous pénétrant de lueurs chaudes et voilées.

 *

Il est de ces regards

                 Ne se perdant jamais,

                                Qu’on retrouve, hagard,

                                                Dans le ciel des idées.

 

Benjamin M.

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4 réflexions sur “Un poème. Les chimères de passage

  1. Bonjour,
    très très class ce poème. La forme est super, le rythme est excellent (j’aime quand c’est facile à lire, aussi). Quant au sujet traité, c’est vraiment du bon boulot.

    « Certaines grâces sont alors cent fois rendues,
    Quand bien même elles ne vous furent jamais données… »

    Bref, BRAVO !

    • Bonjour Alex, un grand merci pour ce commentaire élogieux, cela fait plaisir à lire ! 🙂 J’ai essayé de marquer un certain rythme dans le poème et je suis content de voir que ce n’est pas passé inaperçu. Le message se veut fort, et ce genre de compliments me vont droit au cœur. J’en rougis presque ! Merci.

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