[Musique] Giovanni Battista Pergolesi – La Serva Padrona (DHM)

Compositeur : Giovanni Battista Pergolesi
Œuvre : La Serva Padrona
Version : Bonifacio / Nimsgern ; Collegium Aureum (1991)
Label : Deutsche Harmonia Mundi
Genre : Musique baroque, Opéra-bouffe

Intermezzo en deux parties, à l’origine de la Querelle des Bouffons entre 1752 et 1754, qui opposa en France les partisans de la musique française comme Rameau aux fervents défenseurs de l’opéra italien. Parmi ces derniers, Jean-Jacques Rousseau écrit alors dans un pamphlet intitulé Lettre sur la musique française : « Je puis vous citer un duo comique […] comme un modèle de chant, d’unité de mélodie, de dialogue et de goût, auquel, selon moi, rien ne manquera, quand il sera bien exécuté, que des auditeurs qui sachent l’entendre : c’est celui du premier acte de la Serva Padrona […]. Et je dirais volontiers du Pergolèse, comme Cicéron disait d’Homère, que c’est déjà avoir fait beaucoup de progrès dans l’art, que de se plaire à sa lecture. »

La trame narrative, très simple, permet cette légèreté de ton propre à l’opéra-bouffe. Célibataire endurci, Uberto (Siegmund Nimsgern) est un vieil homme sympathique et capricieux ; sa servante Serpina (Maddalena Bonifacio) agit en véritable maîtresse de maison et lui interdit de sortir de la journée. Furieux, Uberto ordonne à son valet Vespone de lui trouver une femme pour qu’il puisse congédier Serpina. Elle décide donc de lui jouer un tour, en annonçant son mariage prochain avec un certain Tempesta, jeune militaire, qui n’est autre que Vespone travesti. Celui-ci se présente à Uberto, et sans un mot, lui demande quatre mille couronnes de dot. Le vieillard refuse. L’homme se fait menaçant et lui demande de choisir : payer, ou bien marier la jeune Serpina lui-même. Uberto accepte l’alternative alors que Serpina dévoile la supercherie. Contre toute attente, il se rend compte qu’en réalité, il aime sa servante, et que cette dernière partage ce sentiment : le mariage aura donc lieu et Serpina restera la maîtresse de maison.

En d’autres termes, nous voici en présence d’un scénario classique de commedia dell’arte. La parodie de triangle amoureux sert de ressort comique à l’intrigue, qui se résout d’elle-même pour revenir rapidement au statu quo. L’ensemble est très plaisant. Les solistes sont très convaincants, la fraîcheur de cet enregistrement surprend (à l’origine sorti en 1969 chez Harmonia Mundi). Les onomatopées bondissent, basse et soprano jouent avec les mots : l’œuvre a le génie du bon divertissement. L’amateur peut retrouver des sensations qui atteignent leur maturité dans les opéras signés Mozart, tout autant que le ton plaintif du Stabat Mater de Pergolèse fait écho au fameux Requiem K626 du compositeur autrichien. Une petite perle du catalogue Deutsche Harmonia Mundi.

Un extrait pour le plaisir.

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